PaulineJurquet
C é r a m i q u e

Une définition est parfois une analyse indiquant quels sont les éléments de la chose définie. Elle peut aussi être une synthèse, décrivant ce qui fait l'unité de plusieurs éléments. Toutefois, ce que nous attendons d'une définition s'explique mieux si elle est supposée décrire la chose sous forme d'un concentré : la chose et rien qu'elle, voire sa quintessence, la chose pure. La définition devrait faire surgir la chose elle-même. Plus encore, il faudrait qu'elle manifeste toute l'importance existentielle, culturelle, affective de la chose, son aura et sa magie. (Chemins philosophiques, Roger Pouivet).

 

 

Se confronter directement au travail de Pauline Jurquet et à la question de son registre, c'est-à-dire le rendre identifiable, implique que l'on s'attarde nécessairement au caractère « sensoriel » de ses œuvres. Car au-delà du fait qu'elles puissent susciter l'intérêt pour la forme à travers de multiples allégories, c'est par la suite et très rapidement l'envie de « toucher » qui prévaut..

Déconcertantes de matérialité, elles travestissent résolument leur lien de parenté, « végétal ou minéral ? » Bestiaire ou figures oniriques ? » et se plaisent à déjouer notre inévitable besoin d'inventorier au profit d'un rapport intime. En effet, il peut nous arriver de les caresser instinctivement, pour mieux comprendre par la suite le lien familier qui nous relie à elles. Peaux d'écailles, alluvions hybrides de grès et de porcelaine aux tonalités toujours légères, les œuvres se maintiennent dans cette volonté propre de donner la part sensible au décor et nous incitent à cette approche si particulière du matériau qu'est l'intimité tactile. (Benoit Rouer)